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Sa ligne éditoriale reste la même mais se renforce sur la culture et l’environnement en accentuant l’aspect positif qui s’en dégage.

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Vous y découvrirez une comédienne qui raconte des « Histoires pour donner du courage » et d’autres fragments de pensées créatrices de bien-être…. sur le thème de la culture et de l’environnement.

Isabelle Artus

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Billet d’humeur printanière

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Le crocus, une des premières fleurs à sortir de terre après l’hiver. Crédit photo : Isabelle Artus

Depuis quelques jours, un petit quelque chose de printemps pointe le bout de son air près de Paris. Dans un ciel encore incertain, l’annonce des beaux jours gagne du terrain et flotte déjà de-ci, de-là. L’idée me vient d’écrire un billet d’humeur printanière, que voici.

A presque un mois encore du printemps, il fait gris, il pleuvote même, mais la nature bourgeonne et l’air est de nouveau accueillant. Une nouvelle respiration s’installe partout. Plus légère, plus fluide, on aurait envie de s’y baigner.

Dans le train qui va à Montparnasse, un ciré jaune rayonne debout, prêt pour sortir. Il réveille le regard, au milieu du noir et du gris d’usage. Un peu plus tard, un vieil homme fait l’aumône dans le métro. Il est 9h30 du matin. Une jeune femme lisant un livre en arabe lui donne une pièce de monnaie. Une deuxième fait pareil. « Voilà les gens disposés à être généreux à cette heure », je me dis.

Je réalise que je me sens portée par la belle saison qui arrive, avec la sensation interne que son énergie bienfaisante irradie.

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Des graines protégées par une enveloppe végétale délicatement ciselée. Une oeuvre d’art de la nature. Crédit photo : Isabelle Artus

Franklin Roosevelt, les Champs-Elysées peu empruntés, il est encore tôt. Des retardataires pressent le pas pour aller travailler. Une pensée me projette dans l‘atelier jardinage de Martin, dimanche dernier au jardin partagé, près de chez moi.

Combien de choses apprises en peu de temps ! Comment faire des semis de tomates à dorloter avant la plantation, quelles graines à semer en février-mars, les radis et les carottes sont conseillés… avez-vous pensé à récolter les vôtres ? Sinon, nous nous en échangerons entre jardiniers. Combien la nature, les végétaux et leur environnement nous enseignent sur nous même, sur la vie !

 Isabelle Artus

Le Blog du jardin partagé des Nouzeaux à Malakoff

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« Grand fracas issu de rien » : bienvenue au cabaret spectral

Le comédien Dominique Parent pris sous un tourbillon de lettres numérique. Crédits photo : David Siebert

Le comédien Dominique Parent pris sous un tourbillon de lettres numérique.
Crédits photo : David Siebert 

Des agrès pour un gymnaste musclé, la voie cristalline d’une chanteuse lyrique décalée, l’élasticité d’un jongleur qui danse, la fougue maitrisée d’un percussionniste et un comédien facétieux rattrapé par des brassées de lettres numériques. Ceci n’est qu’un petit aperçu de l’inventif cabaret spectral, mis en scène par Pierre Guillois au théâtre 71 à Malakoff jusqu’au 12 février.

Ce spectacle ravit et surprend. Ce n’est pas du cirque mais on y voit évoluer un jongleur tout en souplesse (Adrien Mondot), ni un opéra, pourtant une diva nous enivre de ses envolées perchées (Sevan Manoukian), puis d’un coup de baguette une batterie résonne sur scène (Benjamin Sanz) et l’on suit la respiration d’un gymnaste à l’effort sur une barre parallèle (Lucas Antonellis).

Inédit cabaret spectral mêlant les numéros d’artistes d’horizons si différents et une partition informatique époustouflante, jouée en fond de scène et qui semble vivante comme de la matière. Elle est l’œuvre des artistes Adrien M. et Claire B. de la compagnie du même nom, lui jongleur et elle plasticienne, qui évoluent dans le champ des arts numériques et vivants. C’est au premier rang que Claire B. (Bardainne) interprète en direct une fabuleuse scénographie mouvante à partir de 1 et de 0.

Le comédien Dominique Parent s’empare avec aisance du texte très drôle de Valère Novarina, réalisant une véritable performance qui fera sourire et rire le public.

Très vite, on se laisse porter par ce « Grand fracas issu de rien »  hyper créatif dont on ressort comblé.

 

Isabelle Artus

POUR EN SAVOIR PLUS

Le site du théâtre 71

La compagnie Adrien M. et Claire B.

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« Paul Durand-Ruel, le pari de l’impressionnisme »

Springtime

Claude Monet, « La liseuse », 1872, huile sur toile, 50 x 65 Copyright : Baltimore, The Walters Art Museum.

Il vous reste jusqu’à ce dimanche 8 février pour vous émerveiller devant 80 tableaux des plus grands peintres impressionnistes réunis dans l’exposition «Paul Durand-Ruel, le pari de l’impressionnisme » au Musée du Luxembourg. Ne ratez pas cet événement !

Paul Durand-Ruel (1831-1922) est considéré comme le grand marchand des impressionnistes et aussi le créateur du marché de l’art moderne. Visionnaire doué d’un flair artistique hors pairs, il découvrira Delacroix, Rousseau, Corot, Manet, Monet…

« J’estime au plus haut degré les œuvres de peintres très originaux et très savants dont plusieurs sont des hommes de génie et je prétends les imposer aux amateurs.», avouera l’acheteur d’art avec conviction. Voilà son pari sous forme de combat pour l’impressionnisme qu’il livrera face à l’incompréhension générale, au début de la décennie 1870. Il en frôlera la faillite plusieurs fois. Reconnaissant, Claude Monet déclarera : « Sans Durand, nous serions morts de faim, nous tous les impressionnistes. »

L’exposition commence comme dans l’appartement de Paul Durand-Ruel. En effet, il aimait en ouvrir les portes au public pour lui permettre d’accéder aux œuvres autrement, un concept très moderne pour l’époque.

Le visiteur suit ensuite de salle en salle toute l’histoire du marché de l’impressionnisme : « La belle école de 1830 »désigne les peintres romantiques comme Delacroix puis les peintres de paysages réalistes, Rousseau, Corot, Millet, Courbet, entre autres.

The Sheepfold, Moonlight

Jean-François Millet,  « Parc à moutons, clair de lune »,  1856-1860. Huile sur panneau 45,3 x 63,4 cm, Baltimore, Copyright : The Walters Art Museum.

Ensuite, « La découverte des impressionnistes et de Manet » retrace la rencontre entre Paul Durand-Ruel et Monet, Pissarro, Sisley, Degas, Renoir puis Manet à qui il achètera 21 tableaux d’un coup. Il montrera leurs œuvres dans ses galeries à Paris, à Londres et à Bruxelles. Une première exposition de groupe aura lieu en 1874 chez le fameux photographe Nadar, reconnue comme acte de naissance public de l’impressionnisme.

La quatrième salle voit le mouvement s’enhardir avec le développement d’expositions collectives, voulu par Paul Durand-Ruel. Celle de 1876 comprendra 250 œuvres de 19 artistes et « va attirer l’attention et sera décisive pour l’ennemi », lancera le critique Duret. S’en suivra une période de vaches maigres pour le marchand d’art et ses protégés : « Un silence de mort plane sur l’art », confiera Pissarro.

« L’exemple de Monet en 1883 et en 1892 », cinquième salle, voit l’éclosion des expositions individuelles, dues aux centaines de peintures acquises par le marchand des impressionnistes.

La visite se termine par « New York, Berlin, Paris, Londres : l’apothéose de l’impressionnisme ». Durand-Ruel convoite de nouveaux marchés. A New York, il ouvrira une galerie et réussira à conquérir le marché américain, tournant de sa carrière. En 1905 à Londres, l’exposition de 300 œuvres de Manet et des impressionnistes aux Grafton Galleries, remporte un grand succès. Le marchand d’art a brillamment réussi à imposer des artistes « très originaux » sur lesquels personne ne misait et que le monde entier depuis vénère.

Si vous avez raté cette exposition, vous pouvez toujours la suivre Outre-Manche, elle sera présentée à la National Gallery de Londres du 4 mars au 31 mai, puis au Philadelphia Museum of Art du 24 juin au 13 septembre 2015.

« Il ne suffit pas de faire (des chefs-d’œuvre). Il faut les montrer », écrira Paul Durand-Ruel à Claude Monet en 1882.

« Durand-Ruel était un missionnaire. C’est une chance pour nous que sa religion ait été la peinture », livrera Pierre-Auguste Renoir.

Isabelle Artus

Site du Musée du Luxembourg à Paris

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« En attendant Godot » : l’épreuve du temps

Les personnages burlesques de la fameuse pièce " En attendant Godot " de Samuel  Beckett ", interprétés par la compagnie du Bredin de Laurent Vacher. Crédits photo : Christophe Raynaud de Lage

Les personnages burlesques de la fameuse pièce  » En attendant Godot  » de Samuel Beckett « , interprétés par la compagnie du Bredin de Laurent Vacher.
Crédits photo : Christophe Raynaud de Lage

Laurent Vacher est un metteur en scène singulier qui aime faire bouger les lignes en douceur mais en profondeur. Il s’attaque souvent à des thèmes relatifs à la place de l’homme dans notre société et le spectateur se sent entraîné dans une réflexion sur son rapport au monde. C’est le cas avec « En attendant Godot », la célèbre pièce de Beckett, actuellement au théâtre Jean Arp jusqu’au 24 janvier 2015.

Ce texte compte beaucoup dans la trajectoire théâtrale de Laurent Vacher, à la fois inspirateur, moteur et miroir de son activité d’homme de théâtre. Découvert dès son pensionnat, il l’accompagnera tout au long de sa carrière jusqu’à aujourd’hui.

Le metteur en scène a choisi de camper l’histoire dans un « no man’s land » de zone urbaine. Il confie avoir voulu montrer le « chaos de l’époque actuelle à l’économie défaillante ». Les deux sans domicile fixe Vladimir et Estragon sont assis sur d’énormes conduites d’eau rouges. De la première didascalie « Route à la campagne avec arbre. Soir. », il reste la sobriété et le dépouillement du décor voulus par l’auteur. L’arbre est représenté par une sorte de mât de navire sans voile, donc sans direction, mais avec des antennes. Une paire de baskets pendent en l’air sur un fil tendu.

Extrême dépouillement aussi chez ces deux compères très clownesques qui n’ont plus rien que la parole et le temps pour exister. Ils attendent donc Godot qui ne viendra pas mais dont ils sont sûrs qu’il viendra.

A travers eux, se profile une réflexion sur le temps qui passe inexorablement, ce bien très précieux après lequel on court, que l’on essaye de rattraper, qui nous manque toujours. Ici, il s’égrène, s’étend, se multiplie, on ne sent plus que lui et il en est palpable. Et nous, que faisons-nous de notre temps ? Sommes-nous aussi dans l’attente d’un Godot imaginaire, bon prétexte à notre immobilisme ? Laurent Vacher précise avoir placé les « acteurs face au public, une volonté de la mise en scène pour plus de connivence avec les spectateurs ».

Pour lui, cette pièce représente « une épreuve physique et intellectuelle ». Les comédiens, tous excellents, réalisent une performance de plus de deux heures où l’on ne s’ennuie jamais. Certaines scènes feront éclater de rire la salle, à l’image du tandem Pozzo/Lucky, deux rôles de composition, tout puissant manipulateur tenant à bout de corde sa victime manipulée.

Sous des allures comiques très distrayantes, cette pièce nous titille et nous questionne et nous en ressortons encore plus vivants.

Pour aller plus loin

« En attendant Godot » au théâtre Jean Arp de Clamart

– Travail de Laurent Vacher auprès des jeunes

Isabelle Artus

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Histoires pour donner du courage dans Le Parisien – 9 janvier 2015

« Histoires pour donner du courage », un spectacle sensible, délicat et plein d’une énergie féminine formidable, courrez-y vite !

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« Charlie Hebdo, héros modernes du combat pour la liberté »

Enfants qui jouent dans le Haut-Atlas, Maroc. Crédits photo : Isabelle Artus

Enfants qui jouent dans le Haut-Atlas, Maroc.
Crédits photo : Isabelle Artus

Vous qui me suivez, je voudrais vous souhaiter mes vœux sincères de bonheur pour cette nouvelle année 2015. S’ils revêtent une couleur profonde, j’aimerais qu’ils prennent la  forme de fleurs et non pas de pleurs, de rires d’enfants, de joie. Des formules comme « Peace and Love », « Plus jamais ça », « Not in my name » me viennent à l’esprit… autant de prières criées au monde actuel dans l’espoir qu’un vent de paix les relaient au delà des frontières, vite et pour longtemps.

Souvent, le mot « paix » m’a été proche. Plus que jamais aujourd’hui, après l’attentat odieux contre le journal satirique Charlie Hebdo hier matin mercredi 7 janvier 2015 à Paris et qui a coûté la vie à douze victimes, principalement journalistes et caricaturistes. Il marque une étape de la barbarie terroriste encore jamais atteinte en France car c’est bien la liberté d’expression et notre civilisation qui étaient d’abord visées.

Hommage à eux : quatre dessinateurs parmi les meilleurs : Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, les chroniqueurs Bernard Maris et Elsa Cayat, le correcteur Mustapha Ourrad, le globe-trotteur Michel Renaud, l’agent d’entretien Frédéric Boisseau, le brigadier Franck Brinsolaro et le policier Ahmed Merabet.

« Il faut qu’on sorte un journal, on va l’écrire avec nos larmes »

« Ils ont abattu des gens qui étaient en train de débattre de la lutte contre le racisme », a déclaré en larmes ce jeudi 8 janvier au matin le chroniqueur et urgentiste Patrick Pelloux sur la radio publique France Inter. Il n’était absent pour la conférence de rédaction qui réunissait toute l’équipe du journal car il avait une réunion concernant son activité d’urgentiste. « Viens ! On a besoin de toi », lui a lancé un collègue. Patrick Pelloux a crû à un canular. Arrivé sur place quelques minutes après la tuerie, il refuse d’expliquer ce qu’il a vu mais il témoigne dans tous les médias, inconsolable, la mémoire de ses amis et collègues. « Il faut qu’on sorte un journal, a t-il affirmé, on va l’écrire avec nos larmes. On a pas le droit de céder. »

Des milliers d’anonymes solidaires

La surprise positive est venue de tous les anonymes du monde entier qui ont envahi le jour même spontanément les places des villes pour répondre à l’appel « Nous sommes tous Charlie », lancé sur les réseaux sociaux. Des milliers de personnes se sont sentis concernés par cet événement tragique. « Ca pourrait être vous et moi », ont ils relayé. Les journaux dans toutes les langues ont titrés cette infamie ce matin, au lendemain des faits. La France est en deuil mais debout, lisait-on. Elle a reçu le soutien de nombreuses nations, unies dans ce malheur qui menace la planète, telle une gangrène à stopper de toute urgence.

Robert Badinter, ex-ministre de la Justice française, qui fait autorité et auquel la presse fait souvent appel dans des circonstances graves, déclarait ce matin sur France Inter : « Charlie Hebdo était à l’avant-garde, champion de la liberté de la presse. Ce sont des héros modernes du combat pour la liberté ». Les terroristes « visaient la liberté », a t-il ajouté.

« Le temps est venu pour nous rassembler »

Pour sa part, le philosophe Abdennour Bidar a invité les musulmans « à prendre la part de la douleur collective. Le temps est venu pour nous rassembler autour de la liberté d’expression. (…) Ce qui nous menace est la suspicion vis-à-vis des musulmans », a t-il confié.

C’est ce que je redoute aussi et Robert Badinter l’a signalé très vite : l’amalgame entre ces terroristes, peu nombreux mais qui essayent d’effrayer la terre entière, et les musulmans qui ont choisi cette religion, tout simplement. Mais, comme me le disait ma voisine algérienne encore tremblante : le Coran n’a jamais dit de tuer quiconque ». Et nous avons connu l’inquisition, mais c’était au Moyen-âge, une période tout aussi sombre et cruelle. Depuis, notre civilisation s’est battue pour les droits de l’Homme, bien que souvent ils soient bafoués.

Pour 2015, je vous souhaite ce que vous souhaitez pour vous même mais aussi paix, amour, tolérance et discernement.

Isabelle Artus

Le minute par minute de l’AFP, l’agence France Presse

Revue de presse de France Inter le 8 janvier 2015

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Hirisinn, perle du P’tit Cirk

Le P'tit Cirk a planté son chapiteau au théâtre Monfort jusqu'au 10 janvier et partira ensuite en tournée en province. Crédits photo : Alexandre Kozel

Le P’tit Cirk a planté son chapiteau au théâtre Monfort jusqu’au 10 janvier et partira ensuite en tournée en province. Crédits photo : Alexandre Kozel

Ils sont quatre artistes de deux générations différentes, unis dans la complicité, et cela fait plaisir à voir ! Courrez vite voir leur spectacle « Hirisinn » sous le chapiteau jaune de leur P’tit Cirk planté près du théâtre Monfort jusqu’au 10 janvier, vous serez enchanté !

Vous êtes en bonne compagnie : celle du P’tit Circ de Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge, acteurs de cirque et co-directeurs. A eux deux, ils totalisent une riche expérience d’artistes chez les plus grands : Archaos, le Cirque du soleil, Les Arts Sauts, Cirque Plume et autres talentueuses compagnies. Comédienne, actrice de cirque et trapéziste pour elle, acteur de cirque, porteur aérien et au sol, créateur de sa propre troupe à 18 ans pour lui. Leurs deux jeunes co-équipiers bondissants Pablo Escobar et Damien Drouin complètent le quatuor avec une belle énergie communicatrice.

Juchés sur leurs plateformes, le saxophoniste Yannick « Jeanno » Jory et le joueur de bandonéon Philippe Ollivier entament une merveilleuse bande son originale en direct pour accueillir le public et accompagner les artistes.

Belle troupe que celle-ci, soudée et complémentaire, qui virevolte, tourne, saute et rebondit, dans une mise en scène fine et bien rythmée. Ici, les mots humanisme, poésie, acrobaties, facéties, bonne humeur, sont au répertoire.

Et le regard, fixe, intense et droit se transmet entre eux tout le long du spectacle tel un fil conducteur qui les relie infiniment et se diffuse vers le public intensément.

Le spectacle Hirisinn de la compagnie Le P'tit Cirk est conseillé à partir de 5 ans, rires, sourires et acclamations promis ! Crédit photo : Alexandre Kozel

Le spectacle Hirisinn de la compagnie Le P’tit Cirk est conseillé à partir de 5 ans, rires, sourires et acclamations garantis !
Crédit photo : Alexandre Kozel

Isabelle Artus

« Hirisinn » au théâtre Monfort

Tournée 2015

– 13, 14, 15 mars à Canejan-Cestas (33) Saison culturelle Centre culturel Simone Signoret

– 20, 21 mars à Fumel (47) Saison culturelle de Fumel communauté

– 27, 28, 29 mars à Sablé-sur-Sarthe (72) Saison culturelle de l’Entracte

– 3, 4 avril à Lamballe (22) Le Quai des rêves

– 28, 29, 30 mai à Abbeville (80) Pôle cirque d’Amiens

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« Il ne s’agit de rien moins que de sauver l’humanité »

Inondations dans leDoubs en 2012. Crédit photo : H.p.frei

Inondations dans leDoubs en 2012.
Crédit photo : H.p.frei / Wikimedia Commons

La Conférence environnementale a eu lieu à Paris, les 27 et 28 novembre 2014. Organisée autour de trois tables rondes, climat et biodiversité, santé et environnement, transports, elle préparait la Conférence Paris Climat 2015 et était placée sous le signe de la transition énergétique. Le scientifique Hubert Reeves, président de l’association écologiste « Humanité et biodiversité » était invité à prendre la parole après Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, lors du discours inaugural à l’Elysée. Déterminé, il a alerté les décideurs sur l’urgence de réagir pour atteindre l’objectif de maintenir la température mondiale en deçà de 2°C sinon, les conséquences catastrophiques de la détérioration actuelle de la planète par l’homme s’amplifieront.

Dressant un premier bilan des deux journées, l’astrophysicien a confié qu’elles avaient : « renoué avec une dynamique plus collective que les précédentes » et que pour lui  «la force de préservation était plus présente que la force de destruction». Il a ajouté cependant que le Premier ministre Manuel Valls « a paru moins allant, son besoin de revenir régulièrement à la nécessité de ne pas brider l’économie témoigne d’une approche qui oppose encore environnement et économie, alors que l’enjeu est bien de répondre aux deux crises (écologique et économique) ensemble, car elles ont parties liées » a ajouté le scientifique. « La réussite se jaugera à la qualité de la feuille de route de janvier ! » a-t-il conclu.

Culturepositive a transcrit son discours et vous propose de le lire, ici :

« Nous sommes en danger. Nous ne pouvons plus nous payer de faire des réunions officielles… Il faut avoir une attitude beaucoup plus dynamique et beaucoup plus combativeUne réunion comme celle-ci est une réunion où vont se prendre des décisions qui vont influencer le sort de l’humanité pendant des siècles et peut-être des milliers d’années. Je voudrais alerter tout ceux qui ont des responsabilités à cette situation, pour cela il faut du dynamisme et je fais appel à tous ceux qui ont des décisions à prendre, qu’ils se mettent dans cette situation.

Je me fais un bilan : qu’est ce qui a changé depuis les années 70, 80, 90 ? C’est à la fois bien pire et bien mieux. Nous sommes comme dans un combat à en finir entre deux puissances complètement opposées : la détérioration de la planète, nous savons que pour stabiliser la température il faudrait réduire les émissions de gaz carbonique de 50 à 80 % si nous voulons éviter les fléaux dont nous entendons parler en ce moment, les tempêtes, les inondations…

Que faisons-nous dans la réalité ? Tous les ans, nous augmentons la quantité de gaz carbonique et de gaz à effet de serre émis par la planète, nous sommes passés à près de 3 % cette année. C’est à dire que nous allons totalement dans le sens inverse de ce que nous savons qu’il faudrait faire.

Nous savons aussi qu’il faudrait réduire la déforestation, nous l’accroissons un peu partout, au Congo, en Amazonie, en Indonésie, nous voyons cette force de détérioration prendre de la puissance. Nous continuons à polluer, nous savons par exemple que nous avons un problème très grave d’érosion de la biodiversité, il ne s’agit pas uniquement des tigres du Bengale mais du fait que nous détruisons les cadeaux que la nature nous donne spontanément, c’est-à-dire les insectes qui pollennisent, les vers de terre qui fertilisent les sols, nous voyons d’année en année comment tout ce capital que la nature met à notre service, comment nous le détruisons régulièrement.

Il y a aussi des efforts de restauration qui se font en très grand nombre. Le nombre d’associations pour la défense de la nature croit un peu partout dans le monde, des projets de restauration de la planète se font d’une façon encourageante.

Comment tracer le bilan ? Deux forces opposées croissent toutes les deux et prennent de la puissance progressivement. Qui va l’emporter ? Personne ne le sait. C’est la question qui se pose aujourd’hui. Si on me demande si je suis optimiste ou pessimiste, je répond une phrase que disait l’homme politique Jean Monnet, artisan de l’Europe, vers 1950 : « L’important n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, c’est d’être déterminé. » Déterminé à faire ce qu’on pense qu’il faut faire, quoi qu’il arrive. (…)Aujourd’hui, c’est dans esprit que nous devons être, ce n’est pas un esprit de réunion traditionnelle, c’est un esprit de rencontre avec des gens qui sont décidés à dire : « Nous allons prendre la situation en mains » et pour citer une phrase de Gorbatchev : « il ne s’agit de rien moins que de sauver l’humanité ».

Nous sommes devant deux grandes forces : une de destruction, une de restauration, il s’agit d’être déterminé à poursuivre la lutte pour sauver cette planète, pour sauver notre présence. Si vous voulez une exemple de ce qui pourrait arriver de concret, vous allez en Chine et vous allez voir les grandes métropoles de trente millions d’habitants aujourd’hui, vous verrez ce que c’est que la vie qui pourrait être la notre, je crois que les petits Chinois de ces villes ne savent pas que le ciel est bleu. J’y suis allé récemment, le ciel est jaune sale. La pollution respiratoire est énorme et d’autres maladies, etc…

C’est ça qu’il faut avoir en jeu, des objectifs concrets : d’empêcher que notre planète devienne inhabitable. Nous avons l’occasion d’être dans cette situation où nous sommes responsables et les décisions qui vont se prendre sont majeures dans cette lutte où nous sommes tous engagés. »

Hubert Reeves, astrophysicien, écologiste et président de l’association  « Humanité et biodiversité »

Texte hors discours : Isabelle Artus

POUR ALLER PLUS LOIN

Ministère de l’Ecologie : Les enjeux de la conférence climat de Paris 2015 -COP21/CMP11

Le 5e Rapport d’évaluation sur l’évolution du climat par le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental (rendu en 2013 et 2014)

Article du programme Environnemental des Nations unies au sujet de la neutralité carbone – United Nations Environment Programme

L’association « Humanité et biodiversité » d’Hubert Reeves

La fondation Nicolas Hulot : Le changement climatique, un défi de taille

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Détonante « Yvonne, princesse de Bourgogne »

Sourde au protocole, "Yvonne, princesse de Bourgogne", fera son entrée devant les révérences de la cour.  Crédit photo : Pierre Grosbois

Sourde au protocole, « Yvonne, princesse de Bourgogne », fera son entrée devant les révérences de la cour.
Crédit photo : Pierre Grosbois

Il était une fois de nos jours, un charmant prince qui choisit pour fiancée une roturière d’aspect inconsistant et qui ne disait mot. Elle s’appelait Yvonne. Peu à peu, presque tout les personnages du royaume sombreront dans la décadence et la démesure jusqu’au crime.

Pendant que les spectateurs rentrent dans la salle du théâtre 71, à Malakoff, les acteurs en vêtements de sport blancs font de l’exercice sur scène. Celle-ci se partage en un centre de « body-building » et un salon classe et moderne où la reine et son chambellan esquissent avec élégance quelques pas de tango.

Tout semble se dérouler normalement à la cour. Le public est immergé dans le quotidien de cette micro société.

Yvonne, Marie Rémond, a découvert un cheveux, ce qui énerve beaucoup le prince, Thomas Gonzalez. Crédits photo : Pierre Grosbois

Yvonne, Marie Rémond, a découvert un cheveux, ce qui énerve beaucoup le prince, Thomas Gonzalez. Crédits photo : Pierre Grosbois

L’arrivée d’Yvonne va tout chambouller. « Qu’est-ce que cette limace ? » dit le roi à son fils. « C’est ma fiancée », répond le prince héritier qui, tiraillé entre les bons sentiments et ses sentiments réels, ira jusqu’au bout de cette situation absurde. Le royaume sera entrainé dans un chaos démentiel.

Pour Jacques Vincey, le metteur en scène, cette princesse improbable est le « miroir d’une société malade ».

Le texte de Witold Gombrowicz est servi par d’excellents acteurs. La reine Marguerite, Hélène Alexandridis, est époustouflante dans la scène du petit livre de poème.

Isabelle Artus

« Yvonne, princesse de Bourgogne », se joue au théâtre 71 à Malakoff jusqu’au 30 novembre 2014 et au théâtre national de Bordeaux du 3 au 7 décembre 2014.

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